J-33 : on démarre noël du bon sapin

Le compte à rebours a commencé : qui dit fin d’année dit noël, qui dit noël dit sapin, guirlandes, déco, liste au papa noël, cadeaux, besoin d’idées cadeaux, galère d’idées cadeaux, rush dans les magasins sans idées cadeaux, achat compulsif de cadeaux n’importe quoi, fermage fort des yeux au moment de composer le code de sa carte bleue, relevé de compte plein de lignes avec au bout un nombre avec pas assez de chiffres, banquier pas content, joie de noël en voie de disparition, engloutissage compulsif de foie gras au chocolat pour faire passer la note, déprime post-engloutissage devant la silhouette irréprochable de la belle-soeur, sourire forcé de la belle-soeur devant son cadeau n’importe quoi, recherche intempestive de magie de noël perdue, bourrage de gueule méticuleux à la Clairette de Die, trou noir. Et rebelote l’année suivante.
Evidemment, j’exagère à peine.

Alors reprenons depuis le début, tranquillement, et tâchons d’éviter l’hécatombe de noël avant qu’elle ne nous tombe sur le coin du crâne le 26 au matin.

Qui dit noël dit sapin.
Disons qu’il y a deux solutions. En fait il y a beaucoup plus, mais le matin on aime rester simple , et la dichotomie c’est un mot bizarre mais c’est simple.

Première soluce (je la place en premier avant que Marion et tous les inconditionnels des concours de beaux sapins n’organisent une rébellion), pour ceux qui ne peuvent envisager leur noël sans un arbre dans leur salon :
De grâce, oubliez tout de suite les sapins artificiels : déjà parce que vous allez perdre votre concours de beau sapin dans la mesure où c’est moche. Et ensuite, accessoirement, parce qu’ils sont tous sauf écolos : souvent fabriqués en Asie à partir de matériaux polluants et gourmands en énergies dégueus (PVC, plastique, aluminium…), le tout dans des conditions sociales inconnues, par une main d’œuvre exploitée au rabais. Autrement dit, c’est un acte d’achat qui ne règle en rien la situation des 40 millions de personnes victimes d’esclavage moderne dans le monde. Pour ceux que ça intéresserait, Futura Sciences a fait un super match vrai sapin / faux sapin basé sur des études solides, et en déduit que rapport aux émissions de CO2, le sapin artificiel ne commence à être intéressant par rapport au sapin naturel qu’au bout de 20 ans. Que ceux qui ont gardé un sapin artificiel plus de 20 ans lèvent le doigt.

Pour ceux qui n’ont pas levé le doigt, voici quelques astuces pour choisir votre sapin de noël à moindre frais pour la planète :

  • N’achetez pas notre sapin dans les plus grandes surfaces : outre le fait qu’on les méprise de façon globale et que les boycotter durablement serait un cadeau pour l’humanité, elles commencent à stocker des sapins jusqu’à un mois avant la date de coupe habituelle, ce qui oblige leurs producteurs à pulvériser les sapins de fixateurs polluants pour coller les aiguilles et maintenir les pauvres arbres artificiellement vaillants.
  • Sachez que la période de coupe idéale pour un sapin en forme a lieu la première quinzaine de décembre : ne vous précipitez donc pas pour acheter votre sapin. Pour savoir si votre arbre va tenir le coup d’ici les fêtes, pliez une branche entre le pouce et l’index en la tirant vers vous : un sapin fraîchement coupé ne laisse pas tomber plus de cinq ou six aiguilles.
  • Choisissez un sapin cultivé en France. Regroupés au sein de l’Association Française du Sapin de Noël Naturel, les producteurs pratiquent une production écoresponsable. Paraît-il. Parce que bon. La culture des sapins dans le Morvan a par exemple déjà causé de sacrés soucis aux habitants dans la mesure où du dichlobénil,  puissant herbicide utilisé pour leur culture (possiblement cancérogène et interdit en France depuis 2012) a été retrouvé dans l’eau potable. Le traitement de l’eau aux charbons actifs qui s’est avéré nécessaire est toujours en cours. Et on ne parle même pas de ce qui reste dans les nappes phréatiques.
  • Pour plus de sûreté, optez pour un sapin de Noël certifié Plante Bleue ou Fleurs de France, issu de productions agricoles raisonnées. Il existe aussi des sapins labellisés bio, cultivés sans pesticides par des producteurs passionnés. Ils sont cultivés dans les Pyrénées Ariégeoises, ce qui est une bonne nouvelle pour Delphine et Manuella qui habitent dans le coin, mais les autres pourront toujours  les commander en ligne sur France Sapin Bio.
  • Surtout, évitez les sapins couverts de neige artificielle : cette fausse neige contient des composés polluants, et les sapins ne sont pas recyclables en fin de vie.
  • Pour régler le problème des aiguilles dont on arrive à ne se débarrasser qu’aux alentours de Pâques, vous pouvez  aussi opter pour un Sac à Sapin Handicap International : contribue à accompagner une vingtaine de personnes handicapées dans leur projet professionnel. De la conception jusqu’à la livraison en magasins, l’ensemble de la chaîne est géré par l’association, lui permettant de financer certaines de ses actions sur le terrain. En 2015, près de 420 000 Sac à Sapin ont été vendus, soit au moins 630 000 euros pour soutenir les programmes de développement de Handicap International dans près de 60 pays à travers le monde.
  • Dernière option du jour : louer un sapin, qui rentrera au bercail après les fêtes pour y être replanté et continuer sa petite vie : Treezman s’occupe de tout.
  • Ne croyez surtout pas que j’oublie la question cruciale des décorations qui vont aller sur le sapin, puisqu’un sapin pas déguisé n’est clairement pas un sapin de noël. Mais on en parlera un autre jour ou bien ce billet de blog va devenir un bouquin.

Et maintenant que j’ai pondu un pavé pour ceux qui ne pourront imaginer passer noël sans sapin, voici la deuxième soluce, pour les créatifs et les amoureux de nature.
A vrai dire, c’est de loin la solution que je préfère, car il n’y a pas plus bel arbre de noël qu’un arbre tranquillou dans sa forêt : si vous voulez le déguiser, faites le trajet vous-mêmes ! J’irais même plus loin en disant qu’il n’y a pas plus beau qu’un arbre. Vivant. La preuve.
Rêvons un peu les gars : et si, cette année, on laissait les épicéas vivre tranquillement leur vie d’épicéas qui aiment la neige et le froid et avoir des racines dans la terre toute mouillée pleine de vers de terre, contrairement à nous autres pauvres humains ?
D’autant que leur laisser la vie sauve, cela implique aussi : éviter de dépenser une fortune pour un spécimen de 80 centimètres de haut, ne pas jouer à ramasser des épines partout pendant trois mois, se passer de voir un petit arbre innocent mourir sous nos yeux, ne pas participer à un génocide d’épicéas, et c’est tout mais c’est déjà pas mal.
Leur laisser la vie sauve, cela implique aussi et surtout de s’amuser, seul ou en famille, à fabriquer son propre sapin. Et c’est exactement ça, la magie de noël : passer du bon temps avec ses proches quand on en a, ou avec une caïpirinha quand on n’en a pas (faut bien compenser), en se fabriquant un noël sur-mesure.
Pour ceux qui manqueraient d’imagination ou de caïpirinha, voici quelques idées glanées sur le magnifique blog Decocrush. Mais il y a des dizaines d’autres blogs qui proposent des dizaines d’autres idées, et puis dans votre tête s’en cachent probablement d’autres : les vôtres, et donc les plus originales !

A vos marques, prêts, sapins !

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