Quand on peut ménager la chèvre fasciste et le chou qui ne doute de rien

On est, grosso modo (veuillez excuser les approximations dues à la proximité temporelle du sommeil profond), 56% de Français votants à ne vouloir ni de l’une, ni de l’autre.  Et pourtant, on aura l’une, ou l’autre. C’est la règle, c’est la loi, on pourra ronchonner tout ce qu’on voudra, pester contre la non-prise en compte du vote blanc, crier au hold-up, décider d’aller à la pêche, ressentir les tiraillements du remords, changer d’avis, retourner sa veste, aller voter à reculons ou sur les mains ou avec un nez de clown, on aura l’une, ou l’autre.

Le premier souci, c’est qu’on a beau ne pas vouloir d’une fasciste au pouvoir, on n’a pas forcément envie d’avoir un Macron non plus.
Le deuxième souci, c’est qu’un vote reste un vote. Et qu’on pourra y aller à reculons ou sur les mains ou avec un nez de clown, ronchonner, pester et crier, notre vote dira juste “Macron”. Ou “Le Pen” si on n’a décidément rien compris à la vie, mais je suis contre les insultes matinales, je préfère les citations de Jacques Brel : “La bêtise, c’est la mauvaise fée du monde, la sorcière. Il n’y a pas de gens méchants, il y a des gens bêtes. Mais ce n’est pas de leur faute. Mais il y a des gens qui ont peur, Et ça c’est leur faute”.
Et le troisième souci, c’est que Macron veut prendre nos votes avec des pincettes pour des votes d’adhésion, et que c’est un peu fort de café.
Autant dire que vu comme ça, cela fait beaucoup de soucis.

Coincés dans les interstices pénibles d’une démocratie vacillante, nous sommes assez peu à l’aise. Dès lors, vous serez ravis d’apprendre qu’il y a peut-être bien, malgré tout, un moyen de voter contre Le Pen sans voter pour Macron. Vous me rétorquerez : “quelle génie cette nana, elle a enfin réussi à défier les lois de cette logique qui nous prend la tête depuis qu’on est en primaire avec des QCM à la con sensés mesurer notre quotient intellectuel à partir de suites géométriques sans queue ni tête”.
Hé bien pas du tout. Désolée.

La question, pour le coup, est la suivante : comment voter contre Le Pen, tout en faisant bien savoir à Macron que nous n’adhérons pas à ses idées, sachant que :
1/ l’abstention n’est pas une solution
2/ le vote blanc ne compte pas, et que notre bulletin de vote indiquera juste un nom sans hurler les émotions qui vont avec ?
La réponse : une mini abstention de principe qui fera pas mal à notre avenir.

Démonstration : le ministère de l’intérieur publie à 12h puis à 17h les chiffres de la participation. En allant voter après 17h, il est donc possible de faire entendre et comptabiliser notre opposition à travers les différents niveaux d’abstention au cours de la journée.
Une idée simple, qui pourrait donner du sens à notre pouvoir d’expression par le vote tout en utilisant le système actuel. Tout en le faisant trembler, même. Et qui pourrait nous offrir, en rabe, une bonne grasse matinée suivie d’un brunch, suivie d’une sieste, suivie d’un apéro. Un vrai dimanche, en somme…

Rendez-vous donc au bureau de vote dimanche à 18h, les NiNi ❤

 

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