Il s’appelle Joshua et les réfugiés lui disent grand merci

Joshua Browder a 20 ans et il est étudiant à l’université de Stanford.
Il y a 4 ans, il obtient son permis. Il y a 3 ans, il croule sous les amendes de stationnements impayées et doit une fortune à l’Etat. Il y a 2 ans et demi, il décide de faire quelque chose pour arrêter le carnage. 5 options s’offrent à lui :
a/ Louer une place de parking
b/ Se garer sur des places autorisées et mettre de la thune dans l’horodateur
c/ Payer des amendes au fur et à mesure pour limiter les dégâts
d/ Se renseigner sur les procédures de contestation des amendes si tous les choix précédents ont été éliminés
d/ Imaginer un programme informatique susceptible de choisir la procédure de contestation des amendes la plus adaptée à son cas pour ne plus avoir à payer d’amendes.

Le gars est fou, donc il choisit la réponse d/.
Et parce qu’il est visionnaire, il décide d’en faire profiter tout le monde.

Lancé il y a un peu plus de deux ans au Royaume-Uni et à New York, le robot-avocat de Joshua (on appelle ça un “chatbot”), répondant au doux nom de DoNotPay a déjà permis à ses utilisateurs d’éviter 160 000 PV de stationnement, soit environ 4 millions de dollars d’amendes. Il faut dire que DoNotPay est sympa ET intelligent : il aide les gens à trouver les meilleurs motifs pour éviter de payer les procès-verbaux, et génère gratuitement un courrier de contestation reprenant les éléments relevés, textes de loi à l’appui. L’utilisateur n’a plus qu’à l’imprimer et l’envoyer au tribunal. Au total, le service a traité 250 000 contestations, ce qui porte son taux de réussite à 64%…

Vous voulez peut-être savoir où on est, rapport aux réfugiés ? Rapport au titre ? Vous inquiétez pas on y arrive, ça c’était l’intro.
Ou plutôt l’échauffement. Après cette petite mise en bouche, Joshua a décidé de passer aux choses sérieuses, et d’utiliser DoNotPay pour des trucs vraiment importants: “c’est pas tout ça mais les amendes, c’est pas le mal du siècle non plus”, il s’est dit. J’aimerais bien m’attaquer à quelque chose de plus costaud, un truc qui mettrait un peu de baume au cœur de l’humanité de Londres, un truc qui pourrait faire un bon machin pour Carol, tiens”.

Et il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, puisqu’il a choisi les réfugiés.
Il a travaillé pendant des mois avec des avocats de plusieurs pays. Il a échangé avec des demandeurs d’asile dont la requête a été acceptée. Il a bidouillé sans relâche avec DoNotPay. Il a prononcé quelques formules magiques incantatoires. Et abracadabra : depuis quelques jours, via Facebook Messenger, DoNotPay propose une aide juridique gratuite pour déposer une demande d’asile aux États-Unis, au Canada, et au Royaume-Uni. Le principe ? Le robot pose une série de questions (simples, les questions, avec des mots pas compliqués, disons que c’est la base pour des gens qui parlent un anglais sommaire, mais bizarrement, ça ne semble pas évident pour tout le monde. Bref.) pour déterminer de quels éléments le réfugié aura besoin pour remplir sa demande et s’il est éligible pour être mis sous la protection des lois internationales. Après ça, il récolte les informations nécessaire pour remplir le bon formulaire pour le bon pays. Et il le remplit. Et il l’envoie. Et voilà.

Comme quoi, pendant que nos élus font le choix de disposer des pierres sous le pont de la porte de la Chapelle pour empêcher les campements sauvages de migrants en attente d’une place d’hébergement, y en a qui ont un vrai cerveau et qui l’utilisent. Et ça, ça mérite d’être su.

Et on source parce qu’on fait bien son taf de journaliste, merci bien.

 

 

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