Quand hier, c’était pas notre journée…

Y a des jours vraiment, comme par exemple la journée des droits de la femme, c’te
connasse qui, c’est bien connu, emmerde le monde 364 jours par an, et qui,
en plus, a SA journée comme le SIDA (7 mai), la faim (12 juin), le cancer (4 février), l’environnement (5 juin), le tabac (31 mai) et même, bordel, la gentillesse (3 novembre) et les câlins (21 janvier)…

Cette phrase allait-elle quelque part ? On le devine, on l’espère, eh bien oui, car y a des jours vraiment, comme par exemple la journée des droits de la femme, où ça pique un peu de consulter ses mails. Et ça pique où ? Vous inquiétez pas, on y vient…

Donc hier. Journée DES DROITS DE LA FEMME. Que va-t-on trouver de spécifique, de ciblé, de spécialement conçu pour ce jour incroyable ? Une petite liste de nos droits fondamentaux ? Une campagne d’information sur les inégalités salariales ? Sur l’injuste répartition des tâches ménagères ? Sur l’image radieusement défaillante de la femme dans les magazines ? Sur des manières originales de lutter contre le « sexisme ordinaire », tellement ordinaire que s’en offusquer fait de nous, illico presto, une féministe hystéro ?

Que nenni, les chéris, que nenni. Faut pas s’inquiéter de tout le 8 mars, y a plein d’autres jours où les femmes se battent pour leurs droits.
Nos annonceurs adorés ont fait plus fort que l’année dernière, où Etam offrait 50% de remise sur un tanga pour l’achat d’un soutif.
Cette année, de fait, c’était pas aussi clair, je n’ai pas bien compris ce qu’Easyparapharmacie me poussait à acheter. Parce que (en plus d’être conne vu que je suis une femme) j’ai pas réussi à intuiter dans quelle catégorie féminine je me trouvais, rapport aux produits proposés.

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Soit au choix :

a/ Je suis une femme féconde et donc je clame de tout mon utérus vorace mon envie stridente d’un enfant : j’ai besoin d’un bilan pré-conceptionnel et d’un test d’ovulation

b/ Je suis une femme « mûre » et donc je subis de plein fouet la terreur programmée de la ménopause : j’ai besoin de comprimés contre les bouffées de chaleur et de Microlift pour plus de fermeté

c/ Je suis une femme ni l’un ni l’autre et donc quoiqu’il en soit je vis avec une épée de Damoclès de la sécheresse vaginale au quotidien : j’ai besoin d’une bonne hydratation de ma muqueuse vaginale et de gélules pour ma féminité intime

Hier, en me regardant dans la glace, je n’étais pas une femme présentant les signes matinaux de la fatigue, pas une femme à qui une petite crème miraculeuse ne ferait pas de mal sur le contour de ses yeux, même pas une femme qui prendrait un compliment pour le même prix parce que soyons clair ça fait tout autant l’affaire, et puis ne rêvons pas, certainement pas une femme rêvant d’avoir une barbe pour espérer le même salaire que ces messieurs. Non non non, hier matin, journée DES DROITS DE LA FEMME, j’étais juste un VAGIN. Sec, vioque, ou en manque de fécondité. T’as de la chance, meuf, t’as le choix.

Alors comme d’habitude, à ce stade, on se demande comment on va pouvoir transformer l’essai matinal, et faire de ce post une allégorie au bonheur, à la rêverie et à l’amour universel. On se demanderait presque si une femme a le droit de rêver, à ce point.
Et comme personne ne nous en a réellement donné le droit hier, on va le prendre de facto aujourd’hui. Et tiens, tant qu’on y est, on va rêver vraiment, en mode licorne, bisounours et barbe à papa à paillettes, on prend le combo : on va rêver d’un monde complètement fantasque où les femmes n’auraient pas que 3 possibilités vaginales pour se définir, et où on arrêterait de tasser les espoirs, les originalités et les particularités des gens (de tous les gens, oui oui oui) pour les faire rentrer dans des cases de merde.

Oui, j’avoue, c’était un peu limite comme façon de retomber sur ses pattes. Mais je suis pas  un chat, je suis pas qu’une chatte non plus, et j’aime bien me rattraper en faisant des chutes à la con.

PS: ce post m’a été inspiré directement par ma Laurence d’amour, médecin et mère de 4 enfants qui, malgré les attentions constantes et quotidiennes qu’ils exigent de tout leur être, ne parviendront jamais à la fatiguer autant que la façon dont la société nous traite #girlpower

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