Quand on peut avoir une vie de ouf sans faire un tour du monde à pied

Y a des gens qui ont fait des choix de vie courageux et qui peuvent se targuer d’avoir, du coup, une vie extraordinaire. Comme Tom Turcich, par exemple, qui a décidé, après la mort d’une amie, de tout lâcher pour faire un tour du monde à pied jusqu’à ce que mort de poules ayant des dents s’ensuive, jetant aux orties ses plans de carrière, sa montre, sa Playstation et le budget prévisionnel de la campagne de pub de son client. Sans regret. Ou comme René et Nicole, qui hébergent chez eux des SDF. Ou alors comme Brackley Cassinga, qui déniche des composants dans les décharges publiques pour recréer des objets du quotidien…

Le problème, c’est qu’on est pas tous Tom Turcich. On a pas tous la paire de couilles nécessaire pour envoyer balader les conventions, les plans de route, et les chemins tout tracés. Et accessoirement, on n’a pas tous envie de marcher des dizaines de milliers de kilomètres. On n’est pas tous comme René et Nicole. On a pas tous une chambre en rabe et une générosité 100% pure folie. On n’est pas tous comme Brackley Cassinga. On n’est pas tous des petits génies de l’électronique à la créativité débordante.

Alors la question se pose là : si on n’a pas la paire de couilles adéquate ni l’âme d’un sportif ni la place chez nous ni le cerveau très fertile, est-on condamné à avoir une vie normale morne plaine de merde ? Doit-on dire adieu aux confettis et aux feux d’artifice et à la gratification et à l’insoutenable légèreté de l’être d’une vie extraordinaire ? Sera-t-on toujours juste ceux à qui on raconte la vie géniale des autres ?

Puisque la question est posée sur ce blog, vous vous en doutez, la réponse est non ! Car une vie extraordinaire, ce n’est pas nécessairement une vie faite de grands choix courageux, dictés par des grandes réflexions humanistes, impliquant de grandes abnégations quotidiennes.
Une vie extraordinaire, c’est sa propre vie, toute simple, à sa hauteur, magnifiée par de petites choses qui la rendent unique et belle.

Par exemple, il y a la vie de monsieur White, professeur d’anglais au collège en Caroline du Nord. Une vie toute normale, cadencée, comme la vôtre, par des matins grisaille, des copies à corriger, des élèves agités, des collègues relous, des coupes franches sur de belles valeurs de vie qui ne tiennent pas la route face au quotidien brut de décoffrage.
Mais ce professeur a rendu sa vie extraordinaire. Comment ? Juste en changeant un tout petit détail de sa routine : chaque matin, il a décidé d’accueillir chacun de ses élèves avec un salut tout à fait personnel et propre à chacun. 25 élèves, 25 “wesh wesh yo” imaginés en tête-à-tête, calibrés au poil, débités les uns après les autres à l’entrée de la classe avant le cours, et qui font de chaque élève quelqu’un d’unique et spécial.
Obligé, voilà un machin qui change les matins de ce professeur, et ceux de ses élèves par la même occasion.

Alors on range pour le moment ses velléités de tour du monde à la voile qu’on a bien peu de chances de réaliser dans les mois qui viennent, et on réfléchit à des manières bien plus simples de faire de sa vie l’endroit où l’on veut vivre, applicables dès maintenant tout de suite ! Comme distribuer des chouquettes au bureau tous les jeudis ou mettre des croissants sur le palier des voisins le dimanche matin. Promis, ça suffira à rendre votre vie unique et extraordinaire, sans avoir pour cela à vous engager dans une formation de super-héros…

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