Quand on cherche les femmes, on les trouve. Bordel.

Les femmes sont cassées. Les femmes sont mises à mal.

Physiquement, on les sape à longueur de journée : les journaux féminins, les pubs dans le métro et dans la rue et à la télé les renvoient à des corps qu’elles n’auront jamais, à des peaux zéro défaut et des cils infinis et des fesses rebondies et des thigh gaps et des lèvres pulpeuses et des seins ni trop gros ni trop petits ni tombants et des cheveux soyeux et à des ongles soignés et des dents immaculées. Des corps qu’elles n’auront plus jamais, même partiellement, si elles ont plus de 30 ans, ou des corps que de toute façon elles n’ont jamais eus.

Comme ça. Si vous avez deux minutes en plus, ça vaut le détour :

Comportementalement, on les juge sans arrêt : une jupe un trop courte on est une allumeuse, une robe un peu trop longue on est une hippie, une jupe mi-longue on est une coincée, du rouge à lèvres rouge pétant on est une pute, des cheveux blancs ben dis donc on est vraiment pas soignée, un burkini paf on est une islamiste, et puis une jupe courte – encore ??? – ma foi on a bien cherché le viol.

Comme ça:

A la maison, ça grince sévère. En moyenne, les femmes consacrent 3h26 par jour aux tâches domestiques (ménage, courses, soins aux enfants, etc.) contre 2h pour les hommes, selon l’Insee [1] (données 2010). A la maison, les hommes s’adonnent volontiers au bricolage (20 minutes quotidiennes contre 5 pour les femmes). Mais les femmes passent deux fois plus de temps que les hommes à faire le ménage et à s’occuper des enfants à la maison. En schématisant, les femmes s’occupent, au quotidien, des tâches les moins valorisées et les hommes de ce qui se voit et dure. En onze ans, le temps moyen journalier consacré par les femmes au travail domestique a baissé de 22 minutes, passant de 3h48 en 1999 à 3h26 en 2010, celui des hommes a augmenté d’une minute, de 1h59 à 2h.

Professionnellement, on les enfonce : en France, tous temps de travail confondus, les hommes gagnent 23,5 % de plus que les femmes, et près de 11 % des écarts de salaires entre les deux sexes sont inexpliqués et relèvent d’une discrimination « pure ». La faute au fait qu’elles sont susceptibles de pondre des gosses, probablement. On n’est sûr de rien, avec les femmes.

Les gosses ? Parlons-en. Elles en veulent pas ? Elles sont confrontées à une violence verbale inouïe, Slate en parlait très récemment. Et ça vaut, de la part de son gynéco, des remarques comme “Les femmes comme vous, ça devrait se faire soigner” ou encore «Si vous avez mal durant vos règles, c’est parce que votre corps réclame une grossesse.» Merci bien.
Elles veulent la pilule du lendemain ? C’est un combat d’hier mais encore aujourd’hui, c’est en option, au bon vouloir du pharmacien, France Inter nous alertait là-dessus il y a peu. Et ça vaut, de la part de son pharmacien donc, des remarques comme “Ah ben, on a passé une bonne soirée, hein ?Il va falloir arrêter de se foutre à poil pour rien.” Véridique. Alors que bon, soyons clair, la pilule du lendemain, on doit la prendre suite à des “j’ai pas de capote moi, toi t’en as ?” puis, quand on la sort, des “ha ouais mais moi en fait, tu sais, les capotes, c’est pas mon truc, vraiment je peux pas” et des “t’inquiète, je ferai attention” puis des “ah oui ? La capote est partie ? Je me disais bien que je la sentais plus…” ou des “je suis désolé, j’étais vraiment trop excité” Et démerde toi avec ça, meuf.

Alors les gars laissez-moi vous dire : les nanas ne sont pas dupes. Et elles ne lâcheront pas l’affaire. On vient d’en avoir la preuve en Pologne, suite à un projet de loi surréaliste prévoyant une interdiction pure et simple d’avorter, et punissant toute femme qui aurait mis fin à sa grossesse de 5 ans de prison.
Mais trop, c’est trop. Lundi, les Polonaises se sont habillées en noir, et sont allées manifester dans les rues de Varsovie. En masse. En femmes qui n’en peuvent plus qu’on les baise, au sens propre comme au sens figuré, et ce depuis la nuit des temps.

Et deux jours plus tard, le ministre des Sciences et de l’éducation supérieure que le gouvernement a expliqué que ce “Lundi noir”, le nom donné à cette manifestation, avait appris au gouvernement “l’humilité”, comme le signale The Guardian.

Bien joué les filles. Ne renonçons pas à nos droits, car personne d’autre ne les défendra pour nous.

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