Il s’appelle Timothée Boitouzet et il envoie du bois

Timothée Boitouzet est brillant, hyperactif, curieux, et sensible aux problématiques sociales et environnementales. Commençons par dire que cela fait beaucoup pour une seule et même personne, y en a qui pourraient quand même en laisser un peu pour les autres ce serait pas du luxe. Et puis enchaînons.

Le dada de Timothée, c’est le bois.
Architecte de formation, il a choisi ce métier parce qu’il voulait « améliorer les conditions de vie des populations à travers une réflexion sur le logement et ses usages ». Ouaip, clap clap clap, quand on est jeune on a dans sa besace des idéaux et une belle vision altruiste et généreuse du monde, reste à découvrir la trappe où notre bande de politicards ahuris a fourré tout ça au passage.

A 20 ans, Timothée part au Japon avec sa besace chargée de bonnes ondes, à la recherche de nouvelles façons de travailler la matière. Et à 23 ans, c’est à Harvard qu’il décide de poser ses valises et de poursuivre ses études d’architecture. Oui parce que là-bas, on lui offre la possibilité de s’initier en même temps à la biologie moléculaire. Faudrait voir à pas s’ennuyer, non mais oh.

C’est à ce moment-là, alors qu’il se démène, des plans dans la main gauche et l’œil droit scotché à son microscope, que se produit le déclic (le déclic se produit parfois dans des positions un peu extravagantes) : il réalise en effet que des alternatives à la brique, à la pierre, et au béton existent pour envisager les constructions de demain, et décide de se pencher sur l’anatomie du bois. Il se dit, comme ça en utilisant son cervelet gauche, que c’est quand même con que la France soit le premier pays producteur de bois sur pied mais le dernier pays à l’utiliser. Il se dit aussi, comme ça en utilisant son cervelet droit, qu’il suffirait de trouver un moyen de rendre le bois plus solide pour pouvoir l’utiliser à loisir dans le bâtiment et réduire ainsi l’empreinte carbone complètement dingo du secteur.

Et il y va : hop, il prélève la lignine qui permet de tenir les fibres du bois ensemble, hop, il injecte des biomonomètres organiques pour renforcer les liaisons atomiques entre les fibres, et puis tant qu’à faire, hop, il ajoute de la cellulose qui laisse passer la lumière et rend le bois translucide. Ah et puis hop, histoire de, il transforme la lignine prélevée en biocarburant par un processus de méthanisation. Résultat : du bois translucide méga solide, trois fois plus rigide et beaucoup plus dense, avec lequel il devient possible de construire des immeubles de 30 étages, et une solution méga bon marché grâce à la réutilisation de la lignine qui réduit les coûts de production.

Pif paf pouf, Timothée est dans la place, prêt à attaquer le marché du bâtiment avec du bois « non noble » qui soudainement se trouve propulsé en première classe limite à siroter du champagne s’il avait une bouche et un estomac. Timothée, qui a l’une et l’autre, peut bien s’en offrir une coupe ou même 8 : il y a quelques jours, il a été récompensé par le Prix des innovateurs français 2016 de moins de 35 ans, qui lui a été remis par le Massachussetts Institute of Technology (MIT).

 

Source de ce machin, mais aussi de quantité d’autres news porteuses de bonnes ondes et de vrais espoirs pour l’avenir, on y va on se cultive on adhère on se sent mieux : le merveilleux magazine WeDemain

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