Quand des anonymes sèment les graines de la solidarité

Il y avait déjà les Boîtes à Lire, qui ont éclos un beau matin dans les rues : imaginées par une poignée d’acteurs, dont l’association Bordeaux 5 de coeur, le Fonds Decitre, ou encore l’ESAT du château Blanc, elles proposent aux habitants de venir déposer leurs bouquins préférés pour les faire découvrir à d’autres (et font, au passage, de la poésie avec les étagères en créant, par exemple, des arbrolivres).

Puis on a vu pousser des Givebox, qui généralisent le concept : vous avez abusé de tartiflette (qui reste, c’est un fait, l’une des rares raisons de se réjouir de cette satanée saison qu’est l’hiver) et y a plus moyen de fermer votre veste ? Vous en avez marre de manger dans les assiettes à dessert de mamie depuis 30 ans ? Vous êtes plus dans votre période hippy chic et votre pantalon pattes d’eph est devenu has been ? Vous n’en pouvez plus de perdre au scrabble avec votre petit neveu qui sort la boîte du placard dès qu’il passe le pas de la porte ? Il suffit de déposer vos objets de désamour dans ces Givebox pour faire le bonheur d’un autre passant, allergique au reblochon, collectionneur de porcelaine vintage, fan des seventies ou intello de base.

Et puis après les boîtes à lire et les Givebox, voilà que germent aujourd’hui dans les rues des réfrigérateurs libre-service, imaginés par l’association allemande Lebensmittelretten pour faciliter le partage de nourriture entre particuliers. L’idée va même plus loin, puisqu’elle implique les grandes surfaces et les restaurants, qui peuvent y faire livrer leurs denrées invendues et non périmées.

Qu’elles sont belles, ces idées cultivées par des citoyens, et nourries par des anonymes. Qu’elle est jolie, cette notion de don gratuit, qui fait autant de bien à celui qui reçoit qu’à celui qui se débarrasse. Qu’elle est encourageante, cette propension à semer soi-même des graines de solutions quand là-haut, dans les hautes sphères, on se dispute à qui sera le patron du parti, qui aura la femme la plus botoxée et qui a mis sa cravate de travers. Et qu’il est beau, cet hiver qui donne déjà aux rues un air de printemps…

This slideshow requires JavaScript.

Advertisements

One thought on “Quand des anonymes sèment les graines de la solidarité

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s