Quand la justice met de l’eau dans son vin aux pesticides

C’est une victoire de David contre Goliath, dans une version où David s’appelle Emmanuel Giboulot et Goliath est un pesticide.

Ceux qui veulent tout le topo peuvent le lire par ici mais comme je suis de bonne humeur, je vous résume le combat : en juin 2013, un arrêté préfectoral impose le traitement préventif de la quasi-totalité des vignobles de la Côte-d’Or par insecticide. En cause : la cicadelle, un insecte qui transmet la flavescence à la vigne et la tue sans sommation. Emmanuel Giboulot, qui exploite dix hectares de vignes en biodynamie sur le secteur, refuse de traiter ses ceps. Ses arguments ? Aucun foyer n’a été détecté pour justifier le traitement, et si l’insecticide imposé détruit la cicadelle, il tue aussi une partie de la faune qui l’aide à réguler l’écosystème de son vignoble.

Mais on ne badine pas avec la justice : en avril 2014, s’appuyant sur le fait que trois ceps se sont révélés contaminés dans le département en octobre 2013, le tribunal de Dijon condamne Emmanuel Giboulot à 1 000 euros d’amende, dont 500 avec sursis. Qualifiant le jugement d’« injustifié » et dénonçant une « pensée unique » sur l’usage des pesticides dans les vignobles, Emmanuel Giboulot fait appel… et oh miracle, il est relaxé cette semaine.

 
C’est une victoire de David contre Goliath que l’on va donc pouvoir fêter avec une bonne bouteille de Côtes de Beaune. Mais les plus amateurs d’entre nous pourront aussi en ouvrir une deuxième sans scrupule aucun, car c’est également une victoire du peuple contre l’establishment que l’on fête aujourd’hui : grâce à un soutien sans précédent (la pétition lancée par l’Institut pour la protection de la santé naturelle a rassemblé plus de 540 000 signatures, et la page de soutien au viticulteur sur Facebook, 130 000 « likes »), Emmanuel Giboulot a pu compter sur une médiatisation historique (même le New York Times lui a consacré un éditorial, c’est pour dire !)…

 
Et après ces deux bonnes bouteilles de pinard, on pourra s’offrir une bonne sieste, car qui dort dîne pendant que d’autres réfléchissent : soucieux de trouver des alternatives à ce pesticide tueur de cicadelle et de toute autre âme qui vive sur les ceps, Emmanuel Giboulot travaille d’arrache-pied (de vigne) avec le Service d’écodéveloppement agrobiologique et rural de Bourgogne (Sedarb) sur des procédés naturels susceptibles de faire l’affaire…

 

Un grand merci à Emmanuel d’avoir su défier des lois absurdes, et d’avoir défendu corps et âme une autre manière de faire du vin… Et à la tienne !

 
 
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