Quand on a faim de révolte

C’est une sacrée bonne nouvelle, et c’est le sacré bon magazine WeDemain qui nous l’annonce : là où un supermarché devait pousser (à Wambrechies, près de Lille), 24 exploitants agricoles ont ouvert “Talents de Fermes”, un magasin où ils vendent directement leurs produits aux consommateurs finaux.

Certes, il a fallu se battre. Mais dans la masse d’abrutis finis que produit sans relâche notre société de consommation capitaliste obnubilée par la croissance jusque droit dans le plafond (non je suis pas énervée), on trouve quelques pépites d’intelligence, comme Daniel Janssens, un maire qui sait pourquoi il est maire, et qui fait son boulot. Alors il soutient les agriculteurs, les encourage à se regrouper en collectif, et s’oppose dans le même temps à l’ouverture du projet de supermarché en s’appuyant sur le plan local d’urbanisme. « Les grands magasins importent beaucoup de produits que nous avons déjà sur place. De plus, ils exercent une forte pression sur les producteurs », justifie-t-il dans WeDemain.

Et voilà. Il suffisait d’un peu de bon sens et d’une belle énergie commune : pains, boissons, fruits et légumes, viandes, conserves… Depuis le mois d’août, les gens du coin trouvent dans un lieu unique tous les produits dont ils ont besoin, la qualité en plus, auprès de producteurs qui peuvent vendre à un prix 20 % à 30 % supérieur à celui auquel la grande distribution achetait leurs produits. En graph, ça fait un beau joli cercle de contents-contents.

Alors bon. Ne crions pas victoire, il y a encore un max de supermarchés qui proposent de la viande reconstituée à la colle et des crevettes élevées dans des conditions à vomir, mais quand même.
Alors que fleurissent les antennes de la Ruche qui dit Oui, alors que La Recharge, magasin 100% sans emballage, vient d’ouvrir ses portes à Bordeaux, suivant l’exemple de “Original Unverpackt” à Berlin, alors que tout un chacun sait désormais ce qu’est une AMAP, et que les producteurs commencent à se dire que peut-être, ils ne sont pas complètement obligés de se faire exploiter par les supermarchés parce qu’il y a des consommateurs qui commencent à se dire que peut-être, ils ne sont pas complètement obligés de manger la merde des supermarchés… Hé bien on avance, les cocos, on avance, et on respire un bon coup parce que la phrase était longue.
Et si on ne crie pas victoire, on crie quand même espoir, parce qu’on ne criera peut-être pas famine.

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